La crise économique a finalement eu raison de la croissance euphorique du marché français du solaire thermique. Selon Observ’ER, la surface annuelle des capteurs installée dans notre pays en 2009 devrait atteindre près de 316.956 m2 (équivalent à une puissance thermique de 221,9 MWth). Cette surface marque une baisse sensible par rapport à celle posée durant l’année 2008 où près de 374.252 m2 avaient été installés.
L’Observ’ER souligne qu’en dehors de la crise financière qui a poussé de nombreux particuliers à différer leurs décisions d’investissement, d’autres raisons sont avancées par les experts pour expliquer la baisse du marché solaire thermique. Ainsi, les plans de relance de l’industrie automobile, ont accaparé une partie des possibilités de financement des ménages.
Le marché solaire thermique français, en progression constante depuis une dizaine d’années, est en diminution, explique l’observatoire. En effet, le nombre de chauffe-eau solaires individuels installés est en baisse passant de 42.000 en 2008 à 36.000 en 2009. La diminution est encore plus importante en ce qui concerne les systèmes combinés, dont le nombre est passé de 5.800 à 2.600. Le seul point positif concerne le segment de marché du collectif qui continue sa progression en métropole avec une surface installée passant de 56.000 m2 en 2008 à 66.600 m2 en 2009. L’Observ’ER ajoute à ce total 6.000m2 de capteurs non vitrés destinés aux piscines publiques et privées.
Concernant le marché des départements d’outre-mer, il suit la même progression avec, selon des données fournies par les Ademe locales, un marché estimé à 45.956 m2 en 2009 contre 55.252 m2 en 2008. La crise économique et la peur du chômage induite sont les principales raisons évoquées pour expliquer la baisse du marché. D’autres facteurs ont également participé à la décroissance du marché, comme le recul du prix des énergies fossiles, la montée en puissance de l’électricité photovoltaïque et la prime à la casse, qui a conduit de nombreux ménages à anticiper l’achat d’un véhicule neuf.
Hausse de prix
Selon une enquête menée toujours par Observ’ER, le prix moyen d’un système de production d’eau chaude individuel de 4,6 m2 est passé de 5.290 € HT en 2005 à 6.817 € HT en 2008, soit une augmentation de plus de 1.500 € en quatre ans. La hausse du prix des matières premières comme le cuivre ne peut, à elle seule, justifier une telle augmentation. L’autre problème d’origine structurelle est la formation des installateurs, que ce soit sur le segment de l’individuel ou du collectif. Les professionnels bien formés ne sont actuellement pas assez nombreux pour accompagner sereinement la croissance de la filière.
La multiplication actuelle de contre-références dénoncées par certains acteurs de la filière est également problématique alors que la volonté politique de développer la chaleur renouvelable est actuellement très forte en France. Pour preuve, le système d’incitation français est l’un des plus attractifs d’Europe.
Il cumule pour les particuliers un crédit d’impôt de 50% sur le coût du matériel, complété par des primes octroyées par les collectivités locales (régions, départements et communes) pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros. Autre élément favorable que souligne l’Observ’ER, le gouvernement a mis en place en 2009 un fonds chaleur doté d’un milliard euros sur trois ans. Ce fond géré par l’Ademe est destiné à l’habitat collectif, aux collectivités et à toutes les entreprises (agriculture, industrie, tertiaire). Il a pour objectif de financer les projets de production de chaleur à partir d’énergies renouvelables (biomasse, géothermie, solaire…), tout en garantissant un prix inférieur à celui de la chaleur produite à partir d’énergies conventionnelles. C’est-à-dire que l’aide sera calibrée de sorte que la chaleur renouvelable puisse être vendue à un prix inférieur d’au moins 5% à celui de la chaleur produite à partir d’énergie fossile.
Les enjeux pour la filière solaire thermique française sont énormes si elle parvient à démontrer la pertinence économique, l’efficience technique et la fiabilité de ces systèmes.
Source: www.batiactu.com