La tendance est générale : après une période d’accalmie fin 2009-début 2010, due à la frilosité des investisseurs en crise et aux incertitudes qui planaient au-dessus de France Télévision, les studios d’animation angoumoisins (MAGELIS) ont retrouvé le chemin de la production. À grandes enjambées…
Confirmation d’Adrien Farrell, le président de l’association 16 000 Images : « Des contrats longtemps gelés ont été signés. Il se dégage un certain optimisme dans les entreprises du Pôle image. »
Même son de cloche au sein des entreprises. Chez Blue Spirit (« Grabouillon », « Ovni »), les ordinateurs tournent à plein régime… « Actuellement, on doit être 90 salariés sur le site, bientôt une centaine », explique Didier Henry, le responsable du studio. « Nous n’avons pas vraiment connu de creux puisque le planning de production était bien avancé », avant le début du tassement du marché. « Cela dit, on sait très bien que notre activité est faite de vagues. Et c’est vrai qu’actuellement, on se situe plutôt sur la crête. »
Chez 2 minutes (« Allez raconte », « Le P’tit Cosmonaute », etc.), Anthony Combeau délivre quasiment le même constat : « On vit une période euphorique qui contraste avec le gel des projets au moment des grands chamboulements à France Télévision… Le studio est plein et ça fait plaisir à voir. J’attends avant de sauter au plafond. On sait que notre activité est fluctuante et dépend de notre capacité à innover et à présenter des projets intéressants. »
Sujet principal de la dernière université d’été de la BD, la notion de « global media » pourrait être, selon Antony Combeau, une piste censée prolonger l’actuelle embellie : « Nos projets à venir auront leur extension sur le net ou leur jeu sur Wii, comme pour « Chico Chica Boumba« , une série en 3D que l’on développe pour M6. »
« Dans notre secteur d’activité, les gens sont amenés à voyager », rappelle Didier Henry. « On profite du vivier angoumoisin mais nous recrutons aussi de manière internationale. On n’hésite pas à faire venir des professionnels de l’extérieur. Souvent, ils finissent par se plaire et par s’installer dans la région avec leur famille. »
La semaine dernière, le studio Tigodo animation récemment installé à la pépinière de l’image de Magelis a inauguré son studio de création de films d’animation, fictions et documentaires (longs-métrages, séries et courts-métrages).
Travaillant en collectif depuis 10 ans avec des professionnels du monde entier, l’équipe est aujourd’hui structurée en société de production et s’implante à Angoulême pour poursuivre le développement de ses projets en interne et pouvoir accueillir d’autres projets.
La ville d’Angoulême a été choisi plutôt que Paris pour sa qualité de vie incomparable et par l’accueil des collectivités.
Autre élément pouvant favoriser l’implantation à Angoulême : le conseil régional a voté 808.000 euros d’aides à la production, dont 447.000 euros à des productions animées lors de la dernière commission permanente, le 9 juillet dernier.
Source : Sud-Ouest