Le service branché sur l’industrie : valeur ajoutée d’avenir
Georges NAHON, le patron de l’Orange Lab de San Francisco m’a gentillement répondu, suite à mon article relatant une partie de notre conversation. Il m’a renvoyé vers un article d’ Eric LE BOUCHER dans Le Monde du 4 mai dernier pour prolonger la discussion. Je ne résiste pas à vous livrer les extraits qui m’ont interpelé.
Eric LE BOUCHER met tout d’abord en avant l’important relèvement du crédit d’impôt-recherche comme un facteur d’attractivité pour les activités de R&D en France (c’est un des arguments marketing majeurs de l’Agence Française des Investissements Internationaux - AFII en ce moment) mais rappelle quelques faits et chiffres qui montrent que le chemin à parcourir méritera encore plus d’initiatives.
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« Deux points forts se consolident : l’énergie et le luxe. Mais deux autres sont forcés de délocaliser, à cause du dollar faible notamment : l’aéronautique et l’automobile. Au total, la part française dans la valeur ajoutée industrielle de l’Union européenne à 27 est tombée à 11,1 % en 2006, au quatrième rang derrière l’Allemagne (25,5 %), le Royaume-Uni (14,9 %) et l’Italie (13 %). L’industrie française fond et ne représente plus que 15,6 % du PIB national, contre 23 % en Allemagne et en Italie (chiffres repris de l’ouvrage « La France est-elle en faillite ? » de Christian Saint-Etienne, Bourin Editeur).
Selon une étude récente d’IBM-The Economist sur le dynamisme technologique des nations, la France est 12ème en Europe et 21ème dans le monde concernant la « vision gouvernementale« , respectivement 11ème et 21ème sur « la connectivité et les infrastructures« , 13ème et 23ème sur « l’adoption des technologies par les consommateurs »
En matière de recherche-développement et de spécialisation industrielle dans les secteurs d’avenir, la France s’est fait dépasser par la Corée. En mouvement relatif par rapport à la Chine et aux autres économies émergentes, elle régresse. Et ne la comparez pas aux autres pays européens, c’est presque toute l’Europe qui régresse !
L’Europe justement. C’est, en matière d’innovation, le seul niveau pertinent. Or la stratégie européenne actuelle (celle dite de Lisbonne) fondée sur un consensus mou donne des résultats insuffisants. Laurent Cohen-Tanugi souligne l’urgence d’un virage volontariste ( »L’Europe dans la mondialisation », rapport pour les ministres de l’économie et des relations sociales). Bruno van Pottelsberghe, économiste de l’Institut Bruegel (dèjà cité dans ce blog), donne deux autres pistes de réforme : accroître les fonds publics de la recherche académique (Bruxelles ne jure que par le business) et faire sauter les cloisons qui renchérissent encore le marché unique de l’innovation. »
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J’arrête là pour les faits et chiffres, je crois qu’ils suffisent à démontrer que nous ne sommes pas seuls (la France) dans la bataille de l’innovation.
Ce qui m’a plu dans l’échange avec Georges NAHON et que reprend Eric LE BOUCHER en citant le dernier livre de Didier LOMBARD, PDG de France Telecom, (Le Village numérique mondial, Odile Jacob), est que rien n’est perdu.
Certes, « sur les réseaux circulent des voitures américaines », déplore-t-il en désignant les Google et autre YouTube qui savent capter les clics des internautes du monde entier. Le transfert de recettes publicitaires d’Europe vers l’Amérique se monte à 5 milliards de dollars et pourrait dépasser 16 milliards en 2012. Mais la génération à venir des réseaux informatiques et internet met l’utilisateur au centre et dans cet univers bouillonnant, les usages offerts aux internautes sont la clé, et gagne (de l’argent) celui qui les met en place.
Cette convergence des technologies se traduit en termes de politique industrielle : installer des infrastructures en fibre optique pour permettre ces flux, mais ne pas les laisser vides, les occuper, soit même par des usages, des contenus. D’où le message conclusif pour renforcer la politique industrielle sur l’innovation de la France : « C’est dans le service branché sur l’industrie qu’est l’essentiel de la valeur ajoutée d’avenir. »
A nous de jouer…
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