Visibilité internationale des métropoles françaises
Posted on mars 16th, 2008 par jl.firmin
En parlant des Echos, avez-vous remarqué l’interview de Jean-Claude PRAGER (directeur de l’ADIT : Agence pour la Diffusion de l’Information technologique), le 21 février dernier, faite par Joël COSSARDEAUX.
« Hormis Grenoble avec l’électronique et Toulouse avec Airbus, nos métropoles peinent à asseoir leur croissance sur une niche d’activité porteuse de notoriété internationale » commence t-il par déclarer.
3 questions lui sont posées :
Quel rôle jouent les grandes villes dans l’attractivité des territoires ?
« Le rôle principal. Ce sont les agglomérations qui font l’attractivité des régions à l’échelle internationale. Quand on évoque la force internationale de Rhône-Alpes, il s’agit d’abord de celle des agglomérations de Lyon et Grenoble. Mais notre appareil statistique français ne permet hélas pas d’observer et de comprendre leurs mutations avec finesse, car sa maille est le département ou la région. Il faut donc manier avec prudence les données sur les villes, certes les seules immédiatement disponibles, mais elles reflètent mal les réalités économiques. » Quelles grandes agglomérations jouissent d’une réelle lisibilité internationale ?
« Vue de Sidney ou de San Francisco, la lisibilité économique du territoire France est mauvaise. La région de Paris est, bien évidemment, la mieux identifiée. Celle de Toulouse est connue également aux Etats-Unis, car on sait où se trouve le rival de Boeing. L’agglomération de Grenoble est repérée par les spécialistes de microélectronique comme l’un des grands pôles mondiaux dans ce domaine. Bordeaux est évidemment une métropole emblématique… La plupart des autres grandes agglomérations, malgré leurs atouts réels, manquent de lisibilité internationale car leur activité ne s’ancre pas sur une niche ou des images bien identifiées. C’est tout le défi auquel les grandes agglomérations françaises doivent répondre. Or, elles donnent encore l’impression d’hésiter. Par peur de rater leur positionnement – on l’a vu pour les pôles des compétitivités qui se multiplient à l’envi – elles n’opèrent pas de choix de marketing stratégique qui pourrait leur donner une identité forte. » Où doit porter l’effort ?
« D’abord sur les universités et leurs relations avec l’économie des régions. Il faut absolument réussir la réforme des universités et doter le pays de quelques grands pôles universitaires de rang mondial, aptes à tous figurer dans le peloton de tête du classement de Shanghai. La dynamique des territoires dans l‘économie de la connaissance passe par le capital humain de haut niveau et la vitalité des universités. Nous sommes capables de réussir cette mutation. C’est la voie dans laquelle s’engage Strasbourg en fusionnant ses trois universités, comme Marseille avec Aix-en-Provence. On doit réussir ces fusions universitaires également à Paris, Lyon et Toulouse. Il faut jouer à la fois sur la taille et l’excellence, le bouillonnement des idées et des projets ; on ne peut pas le faire partout et il faut savoir faire des choix. Tous les grands pays le font, aussi bien le Japon, l’Allemagne que le Royaume-Uni. »
Voila un plan de travail intéressant à réfléchir chacun dans nos régions.
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