Dans quatre mois, La Baule WIC 2008 (World Investment Conference)

Cette semaine a eu lieu le Comité Stratégique de la World Investment Conference, La Baule WIC. J’aurai l’occasion de revenir sur cet événement, conçu et créé par Ouest Atlantique, dirigé aujourd’hui par la Fondation Europe+, et qui devient une véritable plateforme de communication et d’échanges sur l’attractivité de l’Europe.

Voici le résumé de cadrage du thème de l’année 2008 (4,5,6 juin) : « Brain Power in Europe, a Key for Growth »

La mondialisation de l’économie engendre naturellement et inexorablement un double phénomène :

  1. d’une part, la sacralisation de la mise en concurrence des territoires, contraints de développer des stratégies offensives au moyen de politiques de compétitivité fondées sur la créativité des Hommes,
  2. et d’autre part une exigence expresse des entreprises à s’engager dans une innovation strictement sélective qui impacte directement la création de valeur. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte mondial soumis à un fort enjeu sociétal. 

Aux antipodes du caractère fossile des matières premières, la capacité à créer est une qualité et une ressource inépuisable. Elle est à cet égard une caractéristique consubstantielle de la dynamique de développement durable, sous réserve d’en maîtriser les principaux leviers: la formation, le rayonnement, l’attractivité et l’ancrage des talents sur l’ensemble du territoire.

Enfin, bien que très éloignée du clivage manichéen simpliste selon lequel l’économie globale relève d’un monde bipolaire où les pays développés créent et innovent et où les pays émergents produisent et reproduisent, « l’Europe créative » dispose de nombreux avantages comparatifs. Son esprit d’innovation en général et sa capacité à développer des applications dans des secteurs d’excellence en particulier, constituent en effet la pierre angulaire de sa compétitivité face aux pays émergents et à ses principaux concurrents et partenaires. Ces atouts ne sauraient toutefois être considérés comme des acquis. Ils revêtent même un statut précaire dont les principaux leviers sont les suivants :

  1. la qualité des Hommes, dans la diversité et la mobilité des ressources,
  2. l’attractivité des structures d’enseignement supérieur et de recherche pour les activités liées à la RDT et à l’innovation,
  3. le soutien aux industries créatives, aux créateurs et à la protection de la propriété intellectuelle,
  4. la valorisation et la reconnaissance du capital immatériel des entreprises en vue de favoriser et promouvoir l’émergence de brevets, de marques et de produits qui associent art et technologies,
  5. la capacité d‘intégration des nouvelles technologies dans tous les secteurs industriels et de services, dans le développement de nouveaux comportements de consommation, enfin par de nouveaux marchés,
  6. l’émergence d’entreprises innovantes, leaders mondiaux sur leur marché,
  7. des stratégies de marketing territorial à très forte dominante innovation,
  8. une forte appropriation des nouvelles technologies par l’ensemble des acteurs locaux,
  9. des politiques publiques et de services de soutien adaptés à l’offre et à la demande des entreprises innovantes,
  10. le cercle vertueux qui anime l’écosystème de l’innovation : l’enseignement supérieur, la recherche, les entreprises, le consommateur, le marché et le cadre public local.

Dans cette perspective, la 6ème Conférence mondiale des investissements s’attachera à agir sur deux problématiques :

  • L’identification et la promotion des applications industrielles relatives au pouvoir d’innovation européen qui seront au cœur des présentations et débats. Quelques échecs seront également décryptés en vue de comprendre pourquoi le passage d’une idée, d’un concept, d’un procédé à un produit ou un service à très forte valeur ajoutée d’innovation n’a pas su trouver un marché à travers une application industrielle économiquement rentable. Cette approche analytique des facteurs d’échec et de succès permettra de mieux appréhender les enjeux dans leur globalité et de mettre en perspective les voies et moyens de mettre la capacité créative au service de la croissance.
  • La performance « innovation – applications » des territoires en vue de mesurer l’offre globale locale de « connaissances », d’analyser chacun des facteurs-clés d’influence et son impact sur la création endogène et exogène d’innovation, à l’échelle d’un pôle de compétitivité.

L’objectif sera notamment de répondre de manière appropriée au phénomène de désintégration géographique de la chaîne de valeur de l’entreprise, au premier rang duquel le maillon innovation, et à la disparition des frontières en matière de création et d’exploitation des connaissances. Elle devrait conduire à la définition de clusters transnationaux et, par ailleurs, d’outils et de services favorisant la mise en réseau des pôles de compétitivité par des coopérations à l’échelle mondiale entre « territoires pépinières d’innovation« .

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