Prospective agroalimentaire : Edito Cluster WEST
Je choisis aujourd’hui de vous faire partager l’édito de la lettre hebdomadaire du Cluster agroalimentaire WEST (www.cluster-west.fr) rédigée par Jean-Yves DELAUNE aujourd’hui. Il nous donne une vision prospective dans laquelle nous pouvons trouver des idées pour valoriser et positionner à l’échelle mondiale nos territoires.
Le 16 novembre, l’Institut de Locarn, « Think-Tank breton », organisait à Nantes une de ses rencontres sur « L’adaptation de nos territoires au nouveau cycle de la globalisation des échanges et de la mondialisation ». Alain GLON, Président de l’Institut et actionnaire de la SAS WEST (Cluster agroalimentaire de l’Ouest), a présenté en introduction les nouveaux paradigmes qui s’imposent à nous tous pour construire un futur profitable pour les acteurs économiques, durable pour la planète et pacifiée, si possible, pour les peuples.
Appliqués au monde de l’agro-alimentaire, ces paradigmes conduisent à une véritable révolution de comportements qui est déjà en marche au sein du Cluster. Ces paradigmes-là ont été à l’origine de notre démarche, qui rassemblait en novembre 2004 une trentaine de fondateurs parmi lesquels Alain GLON.
Bruno PARMENTIER, directeur du groupe ESA, actionnaire de la SAS WEST, auteur de l’ouvrage « Nourrir l’humanité », est intervenu ensuite sur le thème « Nourrir l’humanité et fournir de l’énergie, un défi considérable au XXIe siècle, pour la planète et pour la France, une chance pour l’Ouest ? ». Après un exposé brillant sur l’état de l’art actuel et la rupture observée en 2007 par rapport aux tendances passées, il a présenté un diagnostic terrible de réalisme en matière démographique, agronomique et géopolitique pour la construction d’un futur permettant de relever le défi de l’alimentation des hommes au niveau mondial. Sa conclusion et ses hypothèses de travail sont claires : « le XXIe siècle sera le siècle Biotech ! »
La mécanisation a atteint ses limites. La chimie ne pourra faire plus à l’avenir, le plafonnement des rendements en atteste. Il s’agit de passer aujourd’hui à la « révolution doublement verte » et de s’engager dans une « agriculture à haute intensité environnementale », associée au développement du clonage, de la modification des gènes, en maîtrisant le développement des produits issus de ces techniques.
L’agriculture à haute intensité environnementale doit être privilégiée, elle sera la plus accessible aux 850 millions ou 1 milliard d’habitants potentiellement mal nourris de manière structurelle. Cette agriculture privilégie la fin du labour, les inter-cultures entre grandes moissons pour rétablir une biodiversité grâce à l’association de ces mêmes cultures sur un même champ. La parcelle cultivée accueillera, suivant les cas, des plantons en ligne, des cultures en rangées ou en bandes, voire des clusters de cultures de type aléatoire. Ces techniques auront pour avantage de mieux préserver les ressources en eau grâce à une nouvelle « alliance avec les vers de terre » et la réhabilitation des insectes ou des abeilles, « véritables auxiliaires des cultures ». Ce nouvel écosystème (nouveau ou réhabilité) favorisera le stockage du carbone dans le sol et contribuera à une réduction des gaz à effet de serre. Ces nouveaux modes de culture, ces nouvelles pratiques favoriseront la solidarité de proximité et permettront de créer plus d’humanité.
Cette démarche, portée notamment par Michel GRIFFON, auteur de l’ouvrage « Nourrir la planète » et invité des Leçons inaugurales du Groupe ESA le 22 octobre 2007, tourne le dos à la production de biocarburant par la valorisation des produits alimentaires.
L’exposé de Bruno PARMENTIER a frappé les esprits, a enthousiasmé et convaincu par son talent pédagogique. D’actualité, il entre en résonnance avec les propos tenus par Jacques DIOUF, directeur général de la FAO (cf Le Figaro de ce jour), et les premières orientations que la Commission de Bruxelles s’apprête à prendre pour réformer la PAC.
Autant d’éléments qui nous encouragent dans notre action et qui concernent chacun des acteurs du Cluster WEST, agriculteurs, industriels de transformation, sociétés de services et de biens d’équipement.« Une vraie richesse révolutionnaire » (A.H. TOFFLER), créatrice de nouvelles valeurs ajoutées pour chacun des intervenants sur la chaîne agro-alimentaire. A nous d’y participer !
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