Benchmarking californien (1)

Christain FORTHOMME, de la société Real Change, mènera une délégation d’entreprises des Pays de la Loire du Mouvement Français de la Qualité et du Management, fin octobre 2007 dans la Silicon Valley. L’objectif de cette mission est de comprendre les processus d’innovation des entreprises de la “valley”. Il nous a envoyé en lien une video de John Doerr, l’un des plus importants venture-capitalist de la Silicon Valley. John Doerr est partenaire de Kleiner Perkins. Son pari de $ 12.5 millions sur Google en 1999 s’est transformé en une fortune de $ 3.4 milliards. Il a aussi été l’un des premiers investisseurs d’Amazon, Netscape et Sun Microsystems.

La Californie est l’Etat américain qui se mobilise le plus massivement sur les problématiques environnementales. La video montre un plaidoyer pour la lutte contre le réchauffement climatique, avec à la fois beaucoup d’emphase et d’actions. Les Américains étant pragmatiques, une fois le problème identifié et admis, ils doivent agir. Il est intéressant de voir la démonstration à l’américaine des ressorts de cette lutte.

L’attention de son auditoire est tout de suite captée par un début de discours : “J’ai peur, je ne pense pas que nous allons nous en sortir...“. Il explique que pour agir, il a créé un réseau d’experts sur les technologies “vertes” innovantes (scientifiques, politiciens, hommes d’affaires leaders, entrepreneurs…). Ce groupe a voyagé dans quelques endroits clés du monde et en a retiré 4 leçons :

1ère leçon : Les sociétés ont du pouvoir
L’exemple de Wal Mart est donné avec son projet de réduire de 20% en 7 ans la consommation énergétique de tous ses magasins et de concevoir les nouveaux avec une objectif de réduction de 30%. La taille de l’entreprise Wal Mart (1,2 millions d’employés) permet de donner des résultats significatifs à cette action ainsi qu’une valeur d’exemple.

2ème leçon : la prise de conscience individuelle
Wal Mart a 125 millions de clients, 1/3 de la population des Etats-Unis. 65 millions d’ampoules électriques ont été vendues dans leurs magasins en 2006 et un objectif de 100 millions est affiché. 100 millions d’ampoules basse consommation équivalent selon lui à 600 millions de dollars US d’économies sur les factures énergétiques et 20 millions de tonnes de CO2 par an en moins.

3ème leçon : la prise de conscience politique
L’exemple de la Californie, qui s’est engagée à réduire de 25% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, est mis en avant. Ce projet est valorisé par une ambition économique et environnementale : 83 000 nouveaux emplois, 4 milliards de dollars US de chiffres d’affaires par an, 174 millions de tonnes de CO2 rejetées en moins. Une comparaison Californie, Etats-Unis, Chine et Brésil montre le poids relatif des pays et l’ampleur des enjeux.

4ème leçon : le potentiel des innovations de rupture
John Doerr donne l’exemple de recherches sur une molécule pour lutter contre la malaria dont les propriétés ont permis de faire des avancées techniques importantes sur l’élaboration de biocarburants. “La meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le créer” (Alan Kay)… “et de le financer” rajoute John Doer. Il annonce donc mettre 200 millions de dollars US dans des technologies “vertes” innovantes de rupture et prévoit que les “green tech” crééront des opportunités de marché plus grandes que celles de l’internet.

Vous trouverez ci-dessous la vidéo complète en VO et “business” oblige, elle est sponsorisée par une marque de voiture européenne qui fait la promo de ses recherches sur les moteurs à hydrogène. Pour les plus curieux, les débats animés des commentaires de la vidéo, que vous trouverez sur Youtube, montrent que malgré l’élan de l’orateur, le sujet est toujours polémique aux Etats-Unis.

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