Pas si fous ces Français (17 et fin) – vision du monde
Dans ce domaine « la France et l’Amérique ont des valeurs et des réflexes radicalement différents. Si toutes deux se fondent sur les principes de la démocratie et du libéralisme économique, ces grands idéaux ont pris des formes très distinctes, voire diamétralement opposées : les Américains mettent l’accent sur les libertés individuelles, les Français sur l’intérêt général. » « Petit pays de la taille du Texas, mais deux fois plus peuplé que le Canada, la France compte dans l’économie mondiale autant que la Chine et bien davantage que l’Inde ou le Brésil, qui sont beaucoup plus grands. »« Du fait de son rayonnement géographique (Dom-Tom et France métropolitaine) et économique, la France occupe une place importante sur la scène internationale. »« La France et l’Amérique sont deux puissances alliées de longue date et conservent un sens très fort de leurs intérêts respectifs. » « Ceux-ci sont presque toujours convergents – même si les deux nations ne s’entendent pas forcément sur les moyens de les défendre. »« L’antiaméricanisme des Français, réel ou supposé, est amplifié par la psychologie des Américains. Bien que convaincu de la grandeur des Etats-Unis, chaque Américain éprouve un besoin viscéral d’être aimé ou accepté. Il est donc hypersensible aux critiques ouvertes. Les Américains considèrent souvent l’attitude des Français à leur égard comme une preuve d’ingratitude. »La symbolique et les idées sont de puissants outils de politique étrangère. « Les Français ont depuis longtemps la volonté d’investir le champ symbolique, et ils y réussissent assez bien. » « La France occupe une place importante sur la scène internationale parce qu’elle incarne indiscutablement des valeurs phares. Ces références symboliques fondent sa politique diplomatique et la France y joue la carte de « l’alternative» philosophique. L’American dream trouve son pendant dans l’idéal français – de liberté, d’égalité et de fraternité. Et, de même que les libertés individuelles sont essentielles dans la mentalité américaine, la notion d’intérêt général définie par Rousseau et dont l’Etat est le garant, est capitale pour les Français. Ce principe est le fondement même de l’unification européenne et explique pourquoi l’Europe n’a pas emprunté la seule voie du libéralisme prisée par les Américains. »
Extrait du livre : Pas si fous ces Français – Jean Benoit Nadeau et Julie Barlow – Seuil – octobre 2005
Ce dernier article termine les extraits que je vous ai proposés concernant ce livre qui m’a beaucoup plu. J’espère qu’ils vous ont intéressés et surtout donné envie de le lire en entier…
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