Pas si fous ces Français (16) – place de l’économie

« L’interventionnisme économique revêt en France une importante dimension sociale. C’est l’économie qui doit être au service du bien-être général, pas l’inverse. Une phrase de Jospin le résume bien : « Oui à l’économie de marché, non à la société de marché. » Les Français ne font pas confiance au marché pour résoudre les problèmes sociaux, qu’ils considèrent comme relevant de la politique, et non de l’économie ; ils ne croient pas que des bénéfices privés puissent profiter au reste de la société. »

« En Amérique du Nord, les affaires et l’industrie sont des sujets qui passionnent le public ; les Français au contraire ne vantent pas souvent les réussites, pourtant réelles, de leur industrie. Les grands capitaines d’industrie ne sont pas pour eux des modèles. Or, outre dans le vin, la cuisine et la mode pour lesquels sa réputation n’est plus à faire, la France possède des industries de haut niveau dans l’aéronautique, l’automobile, la chimie et l’industrie pharmaceutique. Carrefour occupe le deuxième rang mondial dans la grande distribution après l’américain Wal Mart. » « En France, on parle peu du secteur privé : il est relégué à l’arrière-plan à cause de l’importance accordée au rôle de l’Etat. A l’inverse, en Amérique, l’entreprise privée est valorisée au point d’occulter souvent les actions de soutien du gouvernement. La France ne manque pourtant ni d’entreprises privées ni d’associations, mais les salariés de ce secteur, ainsi que leurs dirigeants, restent relativement discrets. Les chefs d’entreprise ne sont pas des personnages médiatisés. Les médias citent rarement leurs opinions et ne les interrogent jamais sur des questions de politique économique. »

Extrait du livre : Pas si fous ces Français – Jean Benoit Nadeau et Julie Barlow  – Seuil – octobre 2005 

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