Pas si fous ces Français (9) – le compromis

Les Français ont une aversion pour le compromis. « Dans les journaux télévisés, la conversations, les affaires, la vie quotidienne, ils aiment s’affronter et se diviser. En France, il faut toujours qu’il y ait un gagnant et un perdant, un pour et un contre, qui ne pourront jamais tomber d’accord, du moins en surface. » Les auteurs expliquent ce fait par une histoire de France marquée par la lutte contre de nombreux envahisseurs et un peuple lui-même souvent divisé. « Dans De la démocratie en Amérique, Tocqueville parle de la « doctrine de l’intérêt bien entendu », concept essentiel et particulier au fonctionnement de la démocratie américaine. Les Américains la mettent en application à leur manière. Ils croient en la création d’entreprises qui donnent du travail à tous. Ils font des donations à des œuvres caritatives pour avoir des réductions d’impôts. Les dirigeants des sociétés américaines tentent de trouver des solutions win-win (gagnant-gagnant) aux problèmes avec leurs employés.La France a traditionnellement vécu d’ « intérêts malentendus ». Les dirigeants allemands sont fiers d’annoncer qu’ils ont trouvé un terrain d’entente. Ce terme est absent du vocabulaire des syndicats français : ils considèrent qu’ils ont perdu ou gagné, même si , en réalité, un compromis a été trouvé. » 

Extrait du livre : Pas si fous ces Français -

Jean Benoit Nadeau et Julie Barlow  - Seuil – octobre 2005

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