La hausse du yen a poussé les entreprises japonaises à conclure sur les douze derniers mois un nombre record de fusions-acquisitions à l’étranger.
Selon les statistiques dévoilées, hier, par Recof Data, les groupes japonais ont procédé, sur la dernière année fiscale, à 474 rachats d’entreprises étrangères. Même au début des années 1990, au sommet de leur gloire, les groupes nippons n’avaient osé lancer autant d’opérations. L’ensemble des fusions et acquisitions concrétisées entre le 1er avril 2011 et le 31 mars 2012 a atteint le montant record de 7.320 milliards de yens (67 milliards d’euros), soit plus du double du volume enregistré sur les douze mois précédents (3.619 milliards de yens).« Et cette croissance devrait continuer », notaient, fin 2011, dans une étude, les analystes de Deloitte Tohmatsu.
En plus du yen fort, les sociétés nipponnes profitent, pour la plupart, d’exceptionnelles réserves de liquidités et d’un endettement très contenu. Avec les catastrophes du 11 mars 2011, elles ont aussi pris conscience avec plus d’acuité des menaces pesant sur leur marché domestique et de la nécessité de diversifier leurs débouchés ou leurs portefeuilles d’activités. Soucieuses de ne pas reproduire leurs erreurs des années 1990, lorsqu’elles s’étaient offertes, souvent pour le prestige, des actifs symboliques en Occident, tels que le Rockefeller Center à New York ou les studios Columbia Pictures, avant de voir fondre leurs investissements, les entreprises nippones ne choisissent désormais plus que des cibles stratégiques pour leur industrie.
Cherchant à accroître son exposition aux marchés émergents et à l’Europe, le laboratoire japonais Takeda s’était ainsi offert, pour 8,7 milliards d’euros, le suisse Nycomed en mai dernier. Quelques jours plus tard, l’assureur nippon MS & AD avait lui pris le contrôle de 50 % de la filiale assurance-vie du conglomérat indonésien Sinar Mas. Encouragées par le gouvernement, les maisons de négoce du pays ont multiplié les acquisitions de ressources énergétiques, en réponse notamment à l’arrêt provisoire des centrales nucléaires du pays. En février dernier, Mitsubishi avait pris pour 2,9 milliards de dollars une participation de 40 % dans des actifs gaziers du canadien Encana .
Les analystes estiment que l’appétit des entreprises nippones ne devrait pas être entamé. « Elles ont toujours le désir et les moyens financiers de faire leur shopping », résument les analystes de BMI.
Source: Les Echos du 05/04/12 – Yann ROUSSEAU
Ouest Atlantique a mesuré cette tendance dans l’augmentation du nombre de projets japonais traités en 2011, notamment dans le cadre de proposition de partenariats de production avec des entreprises françaises. Le Japon est en 2011, le 6ème investisseur étranger en nombre de projets (38 projets) (10ème en 2010) et le 9ème en nombre d’emplois créés (874 emplois créés) (6ème en 2010).
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