Les réseaux des Ecoles à l’international

C’était le thème de notre petit-déjeuner du 12 décembre dernier. Nous avions invité, M.Patrick CHEDMAIL, directeur de l’Ecole Centrale de Nantes pour lancer le sujet, compte tenu de l’actualité de l’ouverture d’une sixième école à Pékin.

“Notre terrain de jeu est clairement l’international. Pour exister, il faut être visible au delà de l’Europe et recruter des élèves étrangers, sans renoncer bien sûr au processus d’intégration national par les classes préparatoires”, a-t-il précisé d’entrée.

Je joins à cet article le diaporama qu’il nous a présenté :




Je retiens que :

  • la stratégie internationale en Chine du réseau des Écoles Centrale s’est déployée sur 10 années avant l’ouverture officielle d’une école sur place.
  • il existe un millier d’universités en Chine. Choisir son partenariat fait partie de la stratégie.
  • le mode d’enseignement participatif des ingénieurs français est apprécié des Chinois et est considéré comme un atout pour leurs élèves habitués quasi exclusivement aux cours magistraux. Les Chinois cherchent à importer des modèles d’enseignement d’autres pays.
  • 2 professeurs de Nantes font régulièrement des périodes d’enseignement de 15 jours à 1 mois à Pékin.
  • les autres écoles présentes ont aussi témoigné que des professeurs étrangers venaient enseigner à Nantes de la même façon.
    L’ESEO d’Angers envoie des étudiants 9 mois en formation en Chine, incluant une période de stage dans des entreprises chinoises.

Les idées à développer :

  • créer des typologies caractérisant les étudiants et professeurs étrangers présents sur notre territoire,
  • organiser des événements ciblés à leur arrivée, mais aussi pendant leur séjour et avant qu’ils repartent pour créer un lien durable avec le territoire,
  • accompagner les centres de recherches associés aux Écoles pour que des chercheurs étrangers constituent des équipes de recherche sur les centres du territoire,

Nous avons proposé d’organiser notre premier petit-déjeuner 2009 avec des étudiants et professeurs étrangers présents à Nantes pour mieux comprendre leur ressenti et leurs attentes.

A suivre…

Environnement et/ou indépendance pétrolière. Le plan de T.Boone Pickens

Lors de mon dernier déplacement aux Etats-Unis, plusieurs interventions m’ont montré que la très forte motivation à développer les énergies renouvelables (notamment en Californie et au Texas) était plus portée par la réduction de la dépendance au “pétrole étranger” que par la protection de la planète en général. J’ai entendu depuis à la radio que les Américains avaient été “choqués” de voir le prix de l’essence grimper si rapidement.

En échangeant avec Denis BLAMPOIX (Service Pilote USA - FACC Houston) sur ce sujet, il m’a envoyé le lien vers le plan proposé par le milliardaire T. Boones Pickens (70 ans). Ce dernier, après avoir fait fortune dans le pétrole et le gaz, explique comment réduire en 10 ans la facture énergétique annuelle des Etats-Unis de 300 milliards de dollars.

  • investissement massif dans l’énergie éolienne : objectif à atteindre : 22% de la production totale d’électricité aux Etat-Unis (part actuelle couverte par le gaz naturel)
  • subsititution du pétrole par le gaz naturel dans le transport (bus, voitures…) : en affectant les ressources de gaz naturel américaines, non plus sur la production d’électricité, mais sur le transport, l’objectif est de réduire de 38% la dépendance au pétrole étranger.

Cette présentation résume bien ce que j’ai entendu par ailleurs. Cette démonstration à l’américaine aurait déjà convaincu 1,3 millions d’Américains. A vous de voir…

De CISCO à LIPPI (Charente)

J’étais aujourd’hui en visite dans l’entreprise LIPPI en Charente, près d’Angoulême. Les lecteurs du blog de Jean-Michel BILLAUT ont pu voir le projet de “webschool” que Francis SENCEBER y développe avec les 2 dirigeants. Je travaille depuis longtemps avec Francis sur l’impact des usages des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans les organisations publiques et privées. Il m’avait invité à venir voir la démarche engagée avec LIPPI pour mieux en mesurer l’intérêt et l’ampleur.

Je n’ai pas été déçu du voyage bien entendu. Quelques constats et observations :

  • les 2 dirigeants de l’entreprise familiale (300 personnes) sont jeunes (la trentaine), de formation école de commerce avec une expérience internationale. Ils maîtrisent les standards de gestion d’entreprise. Leur père et oncle sont toujours présents pour les accompagner.
  • Le capital humain de l’entreprise est une valeur clé, les investissements en formations sont très supérieurs aux obligations légales et dans les standards des grandes entreprises de services mondiales,
  • La décision a été prise en septembre dernier de former tout le personnel aux usages des TIC ( web et logiciels) : veille internet, applications photos, son et vidéo, site web
    150 personnes ont été formées en 3 mois, les 150 autres le seront en 2009. Ce projet a été engagé en partant du constat que les TIC toucheront toutes les fonctions de l’entreprise et que leur maîtrise globale sera nécessaire pour en retirer tout le potentiel et se préparer aux mutations à venir,
  • La crise économique touche l’entreprise comme beaucoup d’autres dans leur secteur et la nécessité de faire face aux mutations est plus urgente que jamais.

Avec un processus proche de celui décrit pour CISCO, j’ai vu une entreprise de notre territoire qui bouleverse ses méthodes de travail rapidement pour se déployer, grâce à l’usage des technologies, sur des nouveaux secteurs générateurs de revenus. Et ceci en impliquant la totalité du personnel. Celui-ci a d’ailleurs assisté cet après-midi à une conférence sur les effets des troubles du sommeil sur la santé et la sécurité avec quelques clés pour mieux gérer ses phases d’endormissement, de réveil et de récupération.

Cette démarche est intéressante par son exemplarité dans son environnement local et parce qu’elle nous permet de montrer que certaines de nos PME savent avoir les réflexes de grandes entreprises américaines agiles et offensives.

Etonnant John CHAMBERS (CISCO) !

Mon article précédent indiquait qu’il fallait innover et étonner, que malgré la crise il fallait se mobiliser pour créer les startups du printemps prochain. L’article de Michel KTITAREFF dans Les Echos d’aujourd’hui a capté mon regard : CISCO refuse de lever le pied pendant la crise.

Il cite John CHAMBERS : “On ne peut pas savoir combien de temps elle (la crise) va durer, il est urgent de s’adapter“. “Les nouvelles technologies de communication basées sur la vidéo et le web 2.0, ouvrent une nouvelle ère en matière de productivité“.

L’expérience du “krach” internet de 2001 le pousse à choisir la voie de l’expansion, la réaffectation de milliers de salariés dans de nouveaux secteurs où son groupe veut prendre des positions clés, plutôt que de procéder, comme par réflexe, à d’importants licenciements. Il amène d’ailleurs son entreprise à utiliser ces nouvelles technologies et s’organiser différemment grâce à elles, pour, par exemple, diminuer de 20% les budgets voyages et multiplier par 4 le temps que ses équipes passent au contact de leurs clients.

Objectif : faire de CISCO un éditeur de solutions logicielles à part entière et un acteur majeur de l’ensemble de la chaine vidéo.

Ce qui fait dire à un analyste du Yankee Group : “Si cette stratégie réussit, CISCO n’aura plus rien à voir, dans cinq ans, avec l’entreprise que l’on connait aujourd’hui.”

Un exemple à méditer.

Quelle est l’ambiance dans la Silicon Valley ?

C’est la question que beaucoup m’ont posée en revenant du European Tech Showcase (ETS). Difficile de donner une réponse bien sûr. Je peux par contre vous donner un retour de la table ronde d’ouverture du DowJones Venture Wire Technlogy Showcase (au sein duquel se déroulait l’ETS). Cinq “venture capitalists” et  financiers “on stage”.

45 minutes d’intervention :

  • 10 minutes sur la gravité de la crise. Mention qu’une intervention du gouvernement sera nécessaire car “les fondations ont été ébranlées”.
  • 10 minutes de recul. La “bonne nouvelle” est que les gains seront à nouveau basés sur la croissance organique des entreprises.
  • 25 minutes sur les opportunités à saisir dès que le modérateur a rebondi en leur demandant ce qu’ils imaginaient en se projetant 1 an en avant. Tous ont mis en avant la nécessité d’innover et d’étonner : l’un d’entre eux a joué de l’ocarina en soufflant dans le microphone de son iPhone. “Six jeunes ont développé cette application (http://ocarina.smule.com). On ne sait pas exactement ce qu’on va en faire mais c’est étonnant.” Les opportunités sont apportées par un marché vaste, moins de compétiteurs et une main d’oeuvre moins chère à cause de la crise. Les téléphones mobiles iPhone d’Apple, Storm de Blackberry et Dream G1 de HTC-Google sont vus comme des plateformes pour créer de nouvelles applications. “L’innovation ne se fait pas que dans la Silicon Valley, il faudra savoir investir à l’échelle internationale“. Cette dernière remarque a retenu bien évidemment mon attention et nous incite à continuer à réunir les jeunes entreprises innovantes mondiales au Global Tech Showcase à La Baule.

Vous pouvez aussi rapprocher ce retour de l’article de Loïc LE MEUR dans la revue Management de Décembre 2008. J’en retiens :

  • Arrêt des levées de fond. Plus de prudence sur la valorisation de la “traction“, effet de levier induit par une hausse rapide de la fréquentation, qui a amené notamment aux prix payés ou estimés excessifs de YouTube et Facebook.
  • Pour son entreprise Seesmic : réduction en un mois de 30% de la masse salariale - mise en veilleuse l’activité de création de contenu et le marketing pour se concentrer sur le produit - trouver au plus vite des revenus de substitution et un modèle économique stable, sachant qu’il possède des années de capital devant lui - publication d’une note et d’une vidéo sur son blog pour contrôler sa communication.
  • Se remuer car c’est dans les périodes de gel que se conçoivent les jeunes pousses du printemps suivant.

Etonnant non !

et les entreprises technologiques de Taiwan…

un peu de “benchmarking” pour vous donner l’ambiance de compétition mondiale sur les entreprises technologiques. Ci-après une présentation de la délégation de 7 entreprises de Taiwan, présentes au Dowjones Venture Wire Technology Showcase en même temps que les 50 européennes.

2 messages très clairs :

  • Vous connaissiez Taïwan pour l’industrie des semi-conducteurs. Vous connaîtrez aussi Taïwan pour ses entreprises innovantes : sites web, internet, sécurité, sans-fil, technologies propres.
  • L’amélioration des relations économiques avec la Chine donne à Taïwan une place toute particulière : Taipe - Shanghai : 82 min en avion, diminution des coûts de transports maritimes

European Technology Showcase : l’Europe technologique en Silicon Valley

Ouest Atlantique (Invest in Western France) a été partenaire de l’European Technology Showcase qui a regroupé 50 entreprises européennes (15 nationalités) venues en Silicon Valley pour développer leur business aux Etat-Unis.

Voici l’introduction faite par Jean-Bernard GUERREE (Avisé Partners) pour présenter le groupe :


Vous avez pu entendre que cette édition était le match retour du California Technology Showcase que nous avons co-organisé avec les mêmes partenaires en juin dernier à La Baule (La Baule WIC) et par l’intermédiaire duquel nous avons reçu 40 startups américaines venues se développer sur le marché européen.

L’European Technology Showcase était organisé dans le cadre du Dowjones Venture Wire Technology Showcase (Redwood City, 18-19 nov. 2008) qui accueillait également 100 entreprises américaines et 7 taiwanaises. Les 3 points qui m’ont marqué en terme de positionnement stratégique sont les suivants :

  1. c’est la première fois que je me retrouve dans un groupe européen d’entreprises innovantes de 15 nationalités différentes. J’ai pris conscience de la richesse de la matière grise européenne globale et de la force d’un groupe tel que celui que nous avons amené,
  2. les entreprises présentes, et en particulier les françaises, étaient d’un très bon niveau : maturité du produit et des services, maitrise des relations à l’international, orientation business, qualité des présentations, professionalisme des dirigeants. Cela m’amène à partager en ce moment avec les acteurs économiques locaux cette nécessité de voir se développer dans les régions des jeunes entreprises innovantes de “classe mondiale”,
  3. près de 350 rendez-vous avec des “venture capitalist” ou des clients potentiels ont été organisés. Enorme différence sur la compréhension immédiate des métiers et applications, ainsi que sur la rapidité de décision. Certaines entreprises ont su en 15 min si un “deal” était proposé et le plus souvent le lendemain sous quelle forme (partenariat, contrat d’évaluation, commande ou rachat). Grande exigence donc sur la qualités des “deals” que nous allons proposer les 4 et 5 juin 2009 à La Baule WIC, aux entreprises américaines, européennes et asiatiques, dans le cadre du Global Tech Showcase.

Inpatio, la maison en bois conçue par Olivier FLAHAULT, sur Youtube

Je mettais en avant dans un article précédentOlivier FLAHAULT, architecte designer, qui lançait un appel sur le web pour trouver des industriels voulant fabriquer avec lui des maisons en bois en grande série.

Au delà de ses projets nantais qui avancent, j’ai répéré qu’il avait mis une vidéo sur Youtube, qui présente son concept de maison en bois INPATIO.

Petite visite virtuelle pour commencer cette fin de semaine…

Apple et l’Univeristé américaine St Edwards lancent leur partenariat en Anjou

J’ai assisté hier au lancement officiel des programmes de l’Université américaine St Edwards dans les locaux du Conseil Général à Angers.

Les points qui ont retenu mon attention sont les suivants :

  • l’enthousiasme du président du Conseil Général, Christophe BECHU, et sa vision stratégique des impacts de cette implantation dans son territoire,
  • la clarté des programmes et de la feuille de route présentée par Benoit PATIER, directeur de St Edward’s France,
  • le partenariat avec Apple qui permet de proposer un centre de formation agréé, un Apple Authorized Training Center for Education-AATCe. L’agrément AATCE désigne une institution éducative ou formatrice qui utilise les logiciels professionnels d’Apple dans son programme d’études. Des certificats Apple sont remis aux étudiants ayant suivi avec succès ce programme auprès d’enseignants certifiés Apple. St Edward’s dispose également d’un programme English At Work, développé grâce au logiciel de Kallysta - France, et d’un laboratoire de langues High Tech, utilisant des moyens audio et vidéo personnalisés relayés par des iPods qui seront distribués aux étudiants,
  • la cadrage du projet global présenté par le Président de l’Université, George MARTIN.

Je partage avec vous l’argumentaire présenté pour expliquer le choix de la France et de l’Anjou pour leur implantation européenne (voir photo).

  1. la popularité de la France auprès des étudiants pour y faire leurs études (après les Etats-Unis et l’Angleterre)
  2. la vision d’un pays attractif pour le tourisme et le business
  3. la place de la France en Europe
  4. un retour dans le pays et la région des fondateurs de l’Université
  5. une très forte mobilisation des partenaires locaux (Institut Bois-Robert, Université Catholique de l’Ouest, Conseil Général du Maine et Loire) pour s’approprier le projet et l’adapter avec St Edwards pour lui donner les meilleures chances de succès

Quelques photos pour vous mettre dans l’ambiance :

St Edward's partners in FranceChristophe BECHU and George MARTIN
George MARTIN explaining why FranceSt Edward's - George MARTIN

MICROSOFT à l’écoute de ses utilisateurs en France

Repéré dans un article sur MICROSOFT (Management - Décembre 2008 - Grégoire SILLY).

La société analyse les usages et consulte les utilisateurs en France sur le haut débit, la télévision sur mobile et sur la messagerie instantanée Live Messenger qui dispose en France du plus fort taux d’adoption dans le monde avec 19 millions d’utilisateurs.

Les français auraient repéré les premiers le potentiel de Live Messenger sur les téléphones portables, ce qui aurait poussé MICROSOFT à développer rapidement une version mobile qui marche fort aujourd’hui.

Résultat : 3 centres de recherche et développement dédiés aux moteurs de recherche (300 ingénieurs) prévus en Europe, à Paris, Münich et Dublin.

Notons également que le cap des 100 millions d’abonnés européens à l’internet rapide (107,6) vient d’être dépassé et que 9 pays  (Danemark, Pays-Bas, Suède, Finlande, Royaume-Uni, Luxembourg, Belgique, Allemagne et France) dépassent le taux de pénétration des Etats-Unis, soit 25% en juin 2008 selon l’OCDE. Trois quarts des lignes à haut débit dans l’Union Européenne ont des débits descendants de 2 Mbits/s ou plus. Garder un cap ambitieux, notamment dans le Très Haut Débit (>100 Mbits/s), sera nécessaire pour continuer à développer les usages et l’économie de notre territoire.